Calcaires

Les plateaux de calcaires durs situés au nord du Minervois sont à l’origine du paysage particulier des Causses. Ce terroir, le plus souvent colonisé par une végétation naturelle typiquement méditerranéenne, mais accompagnée de quelques espèces d’altitude, voit la vigne s’implanter, parfois en pionnière, à des altitudes de 200 à 300 m.

Sous un sol très superficiel, rouge par sa teneur en argile de décalcification et le plus souvent recouvert de pierres à la blancheur éclatante, la fracturation du calcaire sous l’action du climat permet à la vigne de s’enraciner profondément dans les failles. Cette colonisation du sol lui garantit un approvisionnement en eau qui bien que rationné lui permet d’échapper à la sécheresse estivale. De plus, la couverture caillouteuse en surface assure une réverbération des rayons du soleil favorable à la maturation des raisins.

Grès

Les sols sur grès sont les plus caractéristiques de l’appellation Minervois, on les retrouve sur tout le piémont des Causses, d’est en ouest et, des Mourels aux Balcons de l’Aude. Ce terroir, aussi appelé terroir sur marnes gréseuses, présente des profondeurs de sols très variables en fonction du niveau auquel le banc de grès se situe : on trouve ainsi des sols presque squelettiques le plus souvent au sommet ou en bordure des pechs gréseux en position haute (couvert de Pin d’Alep et que l’on appelle aussi « mourels ») et des sols à profondeur moyenne en bas de pente.

Ces sols sont basiques (pH supérieur à 8) du fait de la composition des grès (argile et calcaire en proportion variable) et la gestion de l’eau par la vigne peut se révéler d’autant plus délicate que les conditions climatiques sont extrêmes, et que la profondeur de sol exploitable est limitée.

Galets roulés

L’autre terroir majeur de la zone centrale du Minervois repose sur des sols de terrasses caillouteuses déposés par les rivières de la région lors des grandes crues fluviatiles de l’ère quaternaire. Ces sols, facilement identifiables à leur topographie plane, présentent des caractéristiques essentiellement liées à leur teneur très élevée en éléments grossiers (galets roulés).

Ils sont ainsi souvent très filtrants mais permettent aussi un enracinement très profond (sauf dans les cas « d’encroûtement »), la limitation de l’évaporation en période chaude par l’effet de « mulch » caillouteux (effet de protection de la surface du sol) et l’accumulation de chaleur dans la journée avec restitution nocturne jouant sur le microclimat des grappes de raisins et leur maturation.

Schistes

Ces sols que l’on trouve sur des zones d’altitude à la lisière nord du Minervois, à l’arrière plan du Causse, constituent un terroir assez rare et très spécifique. Ce sont en effet, des sols bruns acides (pH souvent inférieur à 5,5) avec une structure très élaborée (formée de lamelles, comme des ardoises) qui compense leur caractère très filtrant en permettant aux racines d’aller puiser l’eau en profondeur.

Le schiste est aussi une roche, qui par sa couleur sombre, emmagasine bien la chaleur diurne pour la restituer la nuit participant ainsi à la maturation optimale des raisins dans l’une des zones les plus fraîches du Minervois, du fait de l’altitude.

Marbres

Terroir anecdotique en Minervois, mais oh combien symbolique, le marbre incarnat de Caunes-Minervois voit s’épanouir quelques très rares vignes sur un sol dont Louis XIV s’était assuré une partie pour son usage exclusif. On retrouve en effet ce marbre rouge veiné de blanc issu des Carrières du Roy entre autres au Grand Trianon à Versailles et à l’Opéra Garnier à Paris.

Dans ces sols les plus anciens et les plus primaires du Minervois, la vigne met de nombreuses années à développer son système racinaire du fait de la dureté de la roche.