Athanaël

Chroniqueur Minervois

La première phrase est toujours la plus compliquée à trouver dans un texte de présentation. On ne sait pas par où commencer, quel est cet évènement qui a fait que tout a commencé ? C’est sûr que si je commence ma présentation par « tout a débuté en me délectant d’une garbure et en dégustant (je dis bien déguster) un Madiran sur un fond de chants béarnais…», évidemment c’est un peu trop direct comme entrée en matière.

Donc commençons par le commencement. J’ai grandi dans les Hautes (parfois hot) Pyrénées non loin de Lourdes. Touché par la grâce divine du fromage de vache et des grillades de porc noir bigourdan, mes sorties au fast-food étaient peu fréquentes (je commence déjà à enrober les choses mais c’est pour la beauté de l’histoire).
Quelques années passèrent et je partis en Béarn, plus précisément à Pau, pour y faire mes études d’histoire, ce fût une magnifique expérience culinaire scolaire que d’y passer ces cinq années à étudier le patrimoine, l’histoire et à profiter de ce panorama unique sur les Pyrénées que peut nous offrir la cité d’Henri IV…

Nous arrivons enfin à ce fameux moment : cette fameuse garbure lors du carnaval Biarnés ; Où j’ai réellement réalisé à quel point j’avais de la chance de pouvoir goûter à toutes ces traditions. Et ceci par les cinq sens…

L’histoire, le patrimoine et la culture d’un pays ne peuvent entièrement se comprendre que lorsqu’on les a goutés, qu’on les a entendus, qu’on les a chantés. Et inversement par ailleurs, une poule au pot a une toute autre saveur si nous avons en visu le château de Pau.

Diplôme en poche, je pars plein d’espoir dans les Pyrénées-Orientales, pays rêvé de tout amateur de diversités naturelles, gastronomiques et de rugby. J’habitais en bord de plage, et je travaillais dans le milieu culturalotouristique (oui ce mot n’existe pas mais il pourrait faire un malheur au scrabble, vous en conviendrez).
De cette expérience en est sortie le constat suivant : il est déprimant de voir autant de monde visiter et passer sur un territoire puis repartir avec une image si fausse de ce qu’il peut proposer…

Les steaks-frites abondent, l’huile de moteur coule à grand flot dans des salades provenant de Rungis… Les pêches n’ont aucune saveur. Le muscat, on va le chercher au col du Perthus car il est moins cher. Cette caricature peut paraître grossière mais n’est pas si loin de la réalité en somme.

Alors je me suis battu pour montrer toutes ces saveurs qui étaient présentes, tous ces petits restaurateurs qui travaillaient en circuit court tout en associant ces rencontres par des visites patrimoine. Voilà ce que j’aime dans mon métier de médiateur culturel !
Puis vint le moment où une belle opportunité professionnelle se présenta pour ma tendre moitié dans le Minervois… Ma première question : « On mange quoi là-haut ? C’est quoi la spécialité ? On voit toujours les Pyrénées ?». Elle me tendit un verre de vin et j’ai répondu juste un «oui, c’est une bonne réponse, on fonce ».

Depuis trois années que j’habite en Minervois, j’ai découvert un lieu possédant des paysages époustouflants, des histoires passionnantes et surtout des producteurs, des vignerons qui arrivent à transmettre leur générosité et leur gentillesse à travers les saveurs qu’ils proposent. C’est ceci que je veux partager avec vous sur cette page (ou en partageant un bon verre de vin et un gros beau plateau de fromage), que tout est une histoire d’hommes, de femmes, d’histoires et de saveurs …
Moi, Athanaël, 30 ans, chroniqueur de saveurs.

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